Les GT

Le dénominatif de GT a fini par s’imposer dans le langage courant tant les automobiles dites de « Grand Tourisme », « Gran Turismo » en italien ou encore « Grand Tourer » en anglais sont devenues les symboles de voitures stylées, rapides et confortables qui font rêver le monde entier.
La collection ANNA LISA Art On Wheels en comprend plusieurs emblématiques à plus d’un titre, telle l’Iso Grifo Can Am, mêlant le meilleur de l’Italie et des Etats-Unis.

Des automobiles rapides et stylées

Pour mériter le qualificatif de GT, apparu très tôt dans les années 50 chez Lancia avec l’Aurelia B20 GT, les autos devaient avoir quelques caractéristiques fortes : être sportive sans être spartiate comme c’était le cas pour les voitures de course, avoir un carrosserie de type coupé deux portes avec deux places minimum à l’intérieur, un espace pour les bagages et arborer une identité stylistique forte.

C’est ainsi que Ferrari s’est résolu à décliner ses berlinettes de course en versions routières dites « Lusso » (luxe) avec un moteur un peu moins pointu, un intérieur cuir un peu plus raffiné, un cendrier et, pour certaines d’entre elles, plus d’espace pour les bagages derrière les sièges voire pour les GT purement routières des intérieurs 2+2 avec deux sièges d’appoint à l’arrière.

Au delà du confort, de la puissance et de la rapidité, une vraie GT se caractérisait également par un style racé. A ce jeu là, les anglais se sont imposés comme l’autre grand pays de la GT, popularisé par la Jaguar Type E née en 1961. Avec son long capot plat, son architecture à part et ses performances inédites, le tout à un tarif très abordable par rapport aux Aston Martin DB4 par exemple, la Type E a été un immense succès. La légende veut qu’Enzo Ferrari ait considéré la Type E comme « la plus belle automobile de série au monde », une phrase qui va à merveille à celle qui sera la première auto à intégrer les collections permanentes du MOMA à New York sous sa déclinaison roadster.

Un symbole de réussite, notamment aux Etats Unis.

Le début des années 50 offrait un contexte très favorable au lancement de nouvelles GT grâce au développement des autoroutes et à un pouvoir d’achat élevé, notamment aux Etats-Unis, de loin le premier marché mondial pour ces automobiles.

Ainsi, Max Hoffman, autrichien basé à New-York et importateur très influent de Mercedes, Alfa Romeo, BMW ou Porsche aux Etats Unis n’a cessé de leur réclamer des automobiles de type GT afin de satisfaire l’appétit insatiable de ses clients américains pour ce type d’automobiles. On lui doit une vraie influence pour avoir su convaincre Mercedes de lancer ses 300SL Gullwing et Roadster avec un immense succès commercial et d’image à la clé.

Ajoutons que l’automobile était alors sacralisée comme un symbole de réussite, tant pour les pays producteurs que pour les acheteurs. La GT était alors, aux côtés des autos de compétition, vue comme motif de fierté.

Une époque de liberté, de vitesse et d’insouciance.

L’usage typique d’une GT était celui du week-end chic. Certains modèles étaient même vendus avec des valises adaptées, une tendance popularisée par Mercedes avec sa 300SL papillon dès les années 50 et qui perdure encore, notamment chez Ferrari.

L’époque phare des GT a certainement été les années 60 et 70, une ère de liberté automobile où l’on pouvait traverser les plus grands pays européens à pleine vitesse pour rejoindre son lieu de villégiature, à l’instar de la Maserati Ghibli dans le film La Piscine.

Les GT de notre collection rendent ainsi autant hommage à cette époque faite d’insouciance et de liberté qu’aux ingénieurs, distributeurs et capitaines d’industrie qui ont permis leurs créations.